Ben Amira / Choum / Atar

Faut pas m’en vouloir tu sais ! J’ai pas donné trop de nouvelles parce que j’ai un peu de mal à rouler 16 heures par jour, à filmer et à te raconter toutes nos aventures ! D’autant que c’est pas ce qui manque sur ce Paris/Dakar par les pistes et à « l’ancienne »! Où j’en étais ? Ha oui, on s’est fait mettre en joue et arrêter par les militaires et on a dormi chez les gendarmes sur l’infernale piste de Choum !

Du coup, j’ai quand même, un peu eu l’impression de vivre ma première garde à vue ou encore de faire mon service militaire, Au choix! Ce qui me confère désormais le droit de ne formuler aucun regret à ces deux sujets puisque j’ai été … réformé … et … que je ne me suis jamais fait gauler en faisant des conneries … mais chuttt !

Au petit matin, on a donc pris congé de nos hôtes en uniforme. C’est bien le Dakar encadré et sous haute surveillance mais je préfère la liberté des toutes premières éditions . Avec 18 litres dans nos réservoirs, plus 20 litres dans nos jerrycans respectifs et encore 9 autres litres dans une nourrice d’eau que nous avons sacrifiée pour la transformer en réservoir d’essence, c’est désormais plus de 85 litres d’essence que nous transportons. En imaginant qu’au pire de nos galères on consomme 12 litres aux cent, ça nous fait 354 kilomètres d’autonomie chacun ! C’est pas parfait mais on n’a pas le choix!

Le seul truc, c’est que nous ressemblons désormais à de véritables bombes humaines ! Note bien que ça aurait pu faire une très jolie fusée à réaction côté front Polisario. Bah oui, Amaury (qui s’est fait emmener hier en 4×4 par un vieux pour récupérer de l’essence) en a profité pour prendre quelques points GPS. Or, le vieux, quand il va à Choum, il prend la piste à gauche du chemin de fer. Là où tout le monde dit: « surtout n’y allez pas, c’est miné. » Mais miné de chez miné. Même les chameliers se sont, paraît-il, faits délimiter des espaces dont ils ne sortent pas. Parce que le chameau, c’est meilleur en cuisson lente que saisi direct sur le gaz !

Mais le vieux grigou, lui, le désert, il le connaît comme sa poche, alors il préfère passer côté Front Polisario parce que les frontières et toutes ces embrouilles, il doit bien s’en tamponner l’oreille avec une babouche. Ici, c’est chez lui, un point c’est tout. Bon Amaury aura quand même noté qu’en conduisant, le vieux passait son temps à sortir la tête par la fenêtre de son Land en bout de vie pour jeter un œil en arrière voir si personne ne le suivait!

Bref, au petit matin, Amaury et moi, juchés sur nos deux potentielles fusées interstellaires, on a repris cette fameuse piste du Front Polisario parce qu’elle était juste sublime. Après quelques passages bien sablonneux que nous franchissons désormais, pas forcément avec grâce mais au minimum avec détermination, la piste débouche sur une immense plaine entourée de plateaux avec à leur pieds des dunes ocres qui semblent leur faire allégeance . Puis le paysage se rétrécit pour ne plus laisser place qu’à une passe plus étroite où nous nous engouffrons avant de redescendre sur Choum ! Majestueux ! La Mauritanie, ce n’est toujours et jamais que des cailloux et du sable, mais curieusement, ce n’est jamais pareil.

La preuve, en coupant un pouillième de trop et trop tôt les gaz, Amaury va carrément faire un salto par l’avant dans des dunes hyper molles. On a fait quelques photos, des prises de vues vidéo, on a profité de la minéralite et du silence de l’endroit puis on a repris notre route en évitant soigneusement de rouler à proximité des acacias. C’était pas le moment de crever. Celà dit dans tous les sens du terme.

On a rejoint Choum quasiment en même temps que l’un des quatre trains de la journée. L’un des plus longs du monde qui exerce une véritable fascination sur moi (Amaury se fout de ma gueule parce que je suis content quand je le vois). 4 locomotives tractant jusqu’à 200 waggons chargé de minerai de fer, reliant Zouerate au port mineralier de Nouadibouh. On a refait le plein dans une boutique clandestine, dans des fûts à la provenance inconnue. Et comme d’habitude lors de toutes nos journées de roulage, il était déjà tard. Ça tombe bien Atar nous attendait.

Ha, au fait ! J’me disais que je ne t’avais pas beaucoup parlé du comportement de nos Honda 600 Transalp de 1986. Une véritable fille de joie et je pèse mes mots (ne cherche pas de contrepèterie, y’en a pas). Et gourmande avec ça (pareil, cherche pas, je parle juste de sa consommation). Malgré notre chargement on a presque fini par oublier ses formes callipyges et son embonpoint (on est sans doute aux alentours des 240 kilos). Sur les pistes, elle balance son petit croupion d’un appui à l’autre. Son amortisseur trop souple rebondit exagérément sur le ressort comme si elle gambadait comme un chien fou! Je sais que tu vas pas me croire mais je prends du plaisir avec. Elle n’a certes pas la gniak ni la rigueur d’une 450 enduro mais elle y met du sien, Et surtout elle te pousse à réfléchir. A prendre conscience de tes choix, ne pas se laisser enfermer dans une dune entonnoir. Regarder loin, très loin, pour repérer les endroits les plus porteurs, éviter au maximum les ornières ! Un boulot de tous les instants qui, au moindre faux pas, te conduit à la chute. J’avoue sans honte avoir beaucoup de mal à la relever seul. Sans Amaury, il m’aurait fallu désangler à chauque fois les bagages!

22h00, nous entrons dans Atar! Je sais pas pourquoi, quand j’entends Atar, je pense de suite Dakar avec ses bivoucs sur le tarmac. On traverse la ville en un rien de temps, franchit le rond-point Jacques Chirac pour atterrir à l’auberge/camping Bab Sahara ! Notre premier lit et première douche depuis longtemps. Malgré notre arrivée tardive, nos hôtes hollandais semblent impressionnés par notre équipée, ce qui nous vaut un bon steak frites en guise de réconfort. D’énormes camion façon assistance Dakar trônent ici ainsi que pas mal de 4×4 suréquipés en plaques de désensablement, schnorchel et autre attirail du baroudeur! Ne pas se laisser impressionner, notre hôte nous confiant d’ailleurs que plus c’est gros .. plus ça reste sur place et moins ça s’aventure ! A la taille de nos engins et sur la base de notre projet avec de modestes 600, il a peut-être raison. Allez, je te laisse, demain on file vers Chinguetti. Putain, ça aussi, ça me fait rêver comme nom.

À demain

Remerciements
– Toute l’équipHorizon Moto 95 pour l’achat et la préparation des motos.
Amaury Baratin mon compagnon de route.
– Olivier Destin (co boss de Horizon Moto 95) et Optimark pour la déco des motos.
– Philippe Trail-Rando (Phillipe et Henri-Pierre) pour les précieuses traces off-road.
– Les équipements de l’aventure:
– Shoei VFX-WR
https://www.shoei-europe.com/uk/news/new-vfx-wr
– Veste Rev’It Cayenne Pro
https://www.revitsport.com/en/jacket-cayenne-pro-41420.html
– Pantalon Cayenne Pro
https://www.revitsport.com/…/trousers-cayenne-pro-44117.htm…
– Gants Cayenne Pro
https://www.revitsport.com/en/gloves-cayenne-pro-40083.html
– Nouvelle collection Rev’It à découvrir sur :
https://www.revitsport.com/en/adventure-world/
– Sw Motech pour les sabots moteur, les sacs et les protège leviers
https://sw-motech.com

Paris/Dakar par les pistes en Honda 600 TRANSALP de 1996 – épisode 8

| Ça sent le vécu, histoires vraies, Paris/Dakar par les pistes en Honda 600 TRANSALP de 1996 | 0 Commentaire
Lolo
A propos de l'auteur
- Tout ce qui est déglingo, débile, pas tout-à-fait net et qui a deux roues, c'est moi qui l'essaie ! Après quelques années passées à Moto Journal, j'ai décidé de vous raconter l'histoire de la moto en vidéo sous mes propres couleurs !

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