Plages Blanches / Dakhla

Lever de bonne heure et c’est reparti pour 150 bornes de piste caillouteuse. A cette époque et jusqu’en mars/avril, c’est toujours magique le désert. C’est tout vert. Mais quand je dis vert, ça peut être vert fluo. La nature profite toujours de ces instants de répits (avant de replonger dans des températures infernales) pour se montrer excentrique.

Le GPS nous indique un immense contour qui nous rallonge d’au moins 100 kilomètres. Déjà que aujourd’hui c’est punition, on ne va pas en rajouter. On coupe par un plateau rocailleux traversant régulièrement de petits oueds. avant d’apercevoir 150 bornes plus loin la Nationale. C’est le seul axe qui relie le sud d’Agadir à la Mauritanie en passant par Dakhla. La punition c’est ça. Car pour rallier la frontière mauritanienne, nous allons devoir faire 850 km de bitume jusqu’à Dakhla puis à nouveau 450 jusqu’à Guerguerat.

Soit largement de quoi s’emmerder au guidon et nous sortir, contre notre gré (il n’existe pas d’autre point d’entrée en Mauritanie) de notre rêve de Paris/Dakar. Pour tromper le temps, Amaury joue avec le GPS et calcule les distances qui le séparent de la prochaine ville. Moi je calcule en distance française! S’il reste 450 kilomètres, j’imagine que je suis à Lyon, à seulement 150 km de Beaune. À Beaune, je m’attends à avoir un peu froid en reprenant de l’altitude avant que ça s’améliore du côté d’Auxerre. À Auxerre, il ne restera que 160 bornes, c’est presque fini.

J’utilise ces mêmes repères en Mauritanie ça m’aide. Minuit, soit après 15 heures de meule, nous arrivons à Dakhla où je ne reconnais plus rien. La capitale des Kite surfeurs cool a bien changé. Les deux petits campings à l’entrée de la lagune sont devenus de riches hébergements à 200 euros la nuit. Pas les moyens et de toute façon, c’est pas ce qu’on cherche. Les campings cars ont envahi la place et en ville on dirait Las Vegas !

Tant pis, on n’a pas le choix mais on a bien les boules après tout ce qu’on vient de vivre ! Le lendemain, nous choisissons de faire une journée de repos, comme sur le vrai Dakar quoi. L’occasion d’apporter notre linge sale à laver (ça devenait urgent) et de changer nos pneus arrières. Certes ils n’ont que 3.000 km dans la vue et semblent pouvoir en faire autant mais on opère ce changement pour plusieurs raisons. La place libérée sur le flan droit où était attaché le pneu arrière de secours, va nous permettre d’arrimer une nourrice de 9 litres d’eau en prévision des longues traversées en Mauritanie. Ensuite, tu peux considérer que c’est du gâchis, mais moi je le vois différemment. Imagine qu’un prochain routard et rêveur de Dakar comme nous débarque à Dakhla, avec son pneu rincé jusqu’à l’os. Et bien, en cherchant un peu, il trouvera quelqu’un qui pourra le dépanner avec un pneu d’occase! Et j’aime bien cette idée là.

Il est déjà 13 heures. Et si on mangeait ? Des Burgers? Bah ouais, quand t’a mangé tajine poulet, tacine mouton, tajine chameau, t’as envie d’une bonne spécialité française à un moment. Je me pose devant les kite surfeurs pour t’écrire toutes ces lignes pendant qu’Amaury file récupérer nos fringues propres mais pas sèches. À 120 dirhams, soit 12 euros le boulot et vu l’odeur, le mec est vraiment pas rancunier ! Je fais la connaissance de Mohamed, un français d’origine algérienne, qui lui aussi sur son Xtz 660, parcourt les pistes marocaines malgré un grave accident de moto qui lui a salement amoché la hanche. Il en chie mais va au bout de son rêve et c’est marqué sur sa moto. Juste le logo « Dakar », le mot « pakap ». Il a perdu ses bottes qui séchaient derrière sa moto. Il s’est fait livrer ses pneus au Maroc mais a dû les attendre 3 jours. Il a du temps, je l’envie. C’est toujours ce qui manque dans mes aventures.

Amaury revient, il est 18 heures, on prend la route pour avaler les 450 bornes qui nous séparent de la frontière. 80 km avant, un routier nous fait de l’œil. Non pas le bonhomme, le lieu! On fait les pleins et on profite d’un bon tajine chameau et d’une chambre à 10 euros. Je sais que je t’ai moins fait rêver avec cette journée de repos mais attend la suite, je te jure que ça vaut le coup

À demain

Remerciements
– Toute l’équipe de Horizon Moto 95 pour l’achat et la préparation des motos.
Amaury Baratin mon compagnon de route.
– Olivier Destin (co boss de Horizon Moto 95) et Optimark pour la déco des motos.
– Philippe Trail-Rando (Phillipe et Henri-Pierre) pour les précieuses traces off-road.
– Les équipements de l’aventure:
– Shoei VFX-WR
https://www.shoei-europe.com/uk/news/new-vfx-wr
– Veste Rev’It Cayenne Pro
https://www.revitsport.com/en/jacket-cayenne-pro-41420.html…
– Pantalon Cayenne Pro
https://www.revitsport.com/…/trousers-cayenne-pro-44117.htm…
– Gants Cayenne Pro
https://www.revitsport.com/en/gloves-cayenne-pro-40083.html…
– Nouvelle collection Rev’It à découvrir sur :
https://www.revitsport.com/en/adventure-world/
– Sw Motech pour les sabots moteur, les sacs et les protège leviers
https://sw-motech.com

Paris/Dakar par les pistes en Honda 600 TRANSALP de 1996 – épisode 5 Plages Blanches / Dakhla

| Ça sent le vécu, histoires vraies, Paris/Dakar par les pistes en Honda 600 TRANSALP de 1996 | 0 Commentaire
Lolo
A propos de l'auteur
- Tout ce qui est déglingo, débile, pas tout-à-fait net et qui a deux roues, c'est moi qui l'essaie ! Après quelques années passées à Moto Journal, j'ai décidé de vous raconter l'histoire de la moto en vidéo sous mes propres couleurs !

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