Où en étais-je déjà ? Ha oui, nos femmes nous ont donné leur bénédiction pour ce PARIS/Dakar. Remarque, je pense qu’elles ont bien senti le coup fourré! Je t’explique! Départ samedi soir 19h00! Au programme: 1.800 bornes en fourgon avec les deux motos dedans jusqu’à Malaga (pour soulager les moteurs et les pneus). Vers 4h00 du matin Amaury me refile le cerceau. C’est une vieille ruse de sioux pour te mettre la pression. Tu conduis un max jusqu’à ce que tu sois rincé et tu demandes à l’autre de prendre ses responsabilités, de faire le taf à son tour! Sauf que même si t’as dormi deux ou trois fois un quart d’heure la bouche ouverte, la tête appuyée contre le montant en ferraille de la cabine du fourgon avec un filet de bave au coin de la bouche, t’es tout aussi lessivé que lui ! J’ai tenu une heure, on s’est arrêté dormir une demi-heure, c’était déjà mon premier échec!

Dimanche, 14h00, arrivée enfin à Malaga ! Sur un parking en bord de mer, nous libérons nos deux Transalp de leur box ! On les sent impatientes. Nous aussi ! Première mission, fixer tous nos bagages sur la moto, créer des sous-ensembles accessibles séparément. Ici les outils et de quoi réparer une crevaison. Là, le matos vidéo. De ce côté la bouffe et le mini réchaud. Sachant qu’en matière de chargement, ce n’est pas toi, mais la piste qui décide ! Les bosses, soubresauts et autres vibrations auront forcément raison de tes choix et il faudra sans doute ré organiser et re fixer différemment certaines choses. C’est un peu comme une nouvelle maison, il te faut bien deux jours pour trouver tes marques !

18h00, direction le ferry ! Merde, ma meule sent le chaud, le liquide de refroidissement ! Amaury démonte l’habillage gauche du réservoir à la recherche d’une fuite ou de liquide stagnant. Rien ! On en conclut que, tant que ça sent, c’est qu’il y a du liquide donc que ça refroidit ! Faut savoir être optimiste dans la vie.

21h30, le ferry ouvre grand ses portes et nous engloutit avec nos Transalp. Je nourrissais un secret espoir ! A 70 euros (moto comprise) la traversée jusqu’à Melilla, c’était plutôt bon marché. Mais 300 euros la cabine avec deux couchettes, là, c’était du vol. Bref, je me disais qu’au moment de monter à bord, les cabines ne seraient peut-être pas toutes occupées et qu’il y aurait moyen de négocier un bon tarif ! Histoire de ne pas s’enquiller une deuxième nuit blanche ! Oublie, le rafiot était surpeuplé. Gentiment, au beau milieu du restaurant, on a glissé de la position assise à la position allongée! Ça passe, aucune remarque de la part du personnel de bord! Un peu plus tard, étape numéro 2, virer ton froc de moto pour le remplacer par quelque chose de plus confortable. Étape numéro 3, sortir ton duvet au milieu de ce qui commence à ressembler à un campement ! Ça passe aussi! Bah ouais, quand tu la joues à l’arrache, t’essaies de faire les choses progressivement! Même si on aurait franchement bien aimé que tous ces autres gens sortent de notre chambre. Ça nous aurait aidé à passer une vraie bonne nuit. Peine perdue, deuxième nuit blanche.

6h00, le ferry ouvre grand sa bouche et nous jette sur le quai de Melilla, toute petite enclave espagnole. La frontière n’est qu’une formalité. Bon d’accord, le chef douanier n’est pas encore réveillé et un type nous prend en charge pour faire accélérer les choses. Pas un douanier, un flic, non, un mec, comme toi et moi, qui erre dans cet espace à priori sous haute surveillance, et qui tente de gagner sa croûte ! Un peu comme si demain, tu décidais de faire l’intermédiaire dans un commissariat de police sans rien demander à personne ! Le précieux numéro de séjour nous est donné sur nos passeports, première et gaz pour trouver un petit dej et faire du change! La ville est étonnamment paisible comparé à une arrivée à Tanger. Les odeurs d’épices nous envahissent, nous prenons la direction de Guercif puis Midelt. 50% liaison bitume, 50% spéciale, enfin off-road je veux dire. Je fais le malin mais on ne fait pas les fiers. C’est vrai quoi, on ne connaît presque rien de nos Transalp. On n’a pas fait 10 bornes de tout-terrain avec et elles doivent bien peser dans les 230 kilos. On scrute les bruits suspects.

Ces premiers kilomètres sont l’occasion de tout checker et première frayeur, nos consos d’essence qui s’élèvent à 8 litres ! Impossible. Rapidement, nous décidons de retirer les chaussettes censées protéger les filtres à air du sable ! Bingo, la conso revient à 6,5 litres plus conforme à nos attentes, surtout en Mauritanie où l’autonomie sera cruciale. Les premières langues
Deuxième frayeur lors du deuxième matin, la jauge d’huile est au mini !!! La encore, si c’est le cas, si on roule à l’huile plus qu’à l’essence, ça va juste être impossible ! Fausse frayeur, la viscosité 15/40 choisie pour les hautes températures ne convient pas vraiment au zéro degré de ce petit matin glacial sur les hauteurs de Midelt. Après quelques kilomètres et un ultime check, le niveau revient à la normale. Increvable ces Transalp d’occase! Ha si, j’ai cassé j’ai cassé mon protégé chaîne ! Un scandale sur une meule de 56.000 km je pense que je vais faire marcher la garantie ! De Midelt à Merzouga, ce sont près de 400 bornes de pistes qui nous attendent.

Et comme dit amaury « ça déglingue »! Un col qui ouvre sur un paysage de savane, une descente sablonneuses avec quelques petits appuis relevés! Un lac asséché sur des dizaines de km. De longues montées toutes en marches rocailleuses qui, à leur sommet découvrent d’immenses plaines. Le Maroc reste incroyablement sauvage. Si nos premiers pas étaient hésitants et les premières langues de sable traversées maladroites, la Transalp semble être désormais le prolongement de notre pensée! Je te jure que j’hallucine devant tant de facilité et d’équilibre. Suffit de rouler debout, de bien placer l’avant avec le corps et l’arrière suit sans broncher! Le poids n’est pas un problème. Ça me rappelle cette vieille Yamaha 350 TTR avec laquelle j’ai déjà fait quelques Maroc. Ça n’a l’air de rien mais ça abat un boulot colossal. Bon allez, je te laisse, demain nous attend une très grosse journée ! Mahmid/Tata. Au camping où nous dormons, les guides nous ont prévenus, les dunes de Chegaga sont difficiles, l’erg vaste et à priori impossible à franchir avec des motos ainsi chargées. Tu sais quoi ? Un guide nous a même proposé de transporter nos bagages dans son 4×4, le temps de franchir ces 120 kilomètres de bravoure ! T’imagine toi, le mec voulait nous priver de notre plaisir d’en baver !

La suite demain

Paris/Dakar par les pistes en Honda 600 TRANSALP de 1996 épisode 2

| Ça sent le vécu, histoires vraies, Paris/Dakar par les pistes en Honda 600 TRANSALP de 1996 | 0 Commentaire
Lolo
A propos de l'auteur
- Tout ce qui est déglingo, débile, pas tout-à-fait net et qui a deux roues, c'est moi qui l'essaie ! Après quelques années passées à Moto Journal, j'ai décidé de vous raconter l'histoire de la moto en vidéo sous mes propres couleurs !

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