C’est fait, nous sommes à Dakar. L’occasion de te faire un premier inventaire à la Prévert !
– 10.000 km
– De – 31 à + 39 degrés.
– 4 chutes, enfin 2 chacun quoi, soit une parfaite égalité.
– 4 trains de pneus consommés: 2 paires de pneus cloutés + 2 paires de Michelin Désert Race.
– 1 levier de frein cassé.
– 1 bagagerie malheureusement poncée par nos chutes.
– des images plein la tête et surtout, surtout, une aventure qui va pouvoir commencer. Car il nous reste environ 15.000 km à parcourir et ce n’est qu’à l’issue du Sénégal, que commencera pour nous la véritable découverte: Guinée, Nigéria, Togo, Bénin etc, etc … l’inconnu quoi.

Ha oui, j’allais oublier de te dire un truc. J’ai vu en commentaire que tu avais l’impression qu’on avait déjà fait plus de la moitié du parcours, lorsque nous sommes entrés au Maroc. N’oublie pas un truc. Lorsque tu regardes notre parcours sur Google Earth ou Maps, l’image est toujours centrée sur ta position, la France (qui est pourtant très loin d’être notre mi parcours), faisant ainsi paraître Capetown et l’Afrique du Sud bien plus proches qu’ils ne le sont en réalité.

Bon en attendant, on est arrivés à Saly juste à côté de Dakar. Amaury avait en tête de passer chez son pote Mamadou Bocoum de Mad Bikes (lequel a fini 3è en catégorie « malle-moto » sur le dernier Africa Eco Race) afin de faire un check-up des motos et de changer les pneus. Seul hic, demain, c’est dimanche et Mamadou compte bien aller voir une course d’endurance enduro moto sur le Lac Rose. – « J’ai bien pensé à un truc » me dit Amaury « mais ça pourrait partir en cacahouètes »
– Ha oui quoi ? »
– « … faire l’enduro avec nos T700 ».

– « Heu, oui Amaury », tout est juste dans ta phrase. Sujet, verbe, complément ainsi que toutes ses assertions qui la composent. Je fais semblant de balayer le sujet mais le ver est dans le fruit. Sournois, torturant, rongeant. Deux solutions. On ne fait pas la course, pas de risque, on est pas là pour ça. Ça serait compromettre tout le reste du voyage. Deuxième solution à laquelle je trouve étonnamment plein de bonnes excuses et d’arguments: on fait la course. Bah oui. Je sais que Yamaha est allé vraiment très loin dans ses tests off road avec la T700, c’est pas une petite endurance dans le sable qui va la tuer. Et puis, ne porte t-elle pas le nom de Ténéré hein ? N’a t-elle pas plus de 70 chevaux, soit une bonne dizaine de chevaux de plus que n’importe quel 450 enduro? Ce voyage est-il raisonnable en lui-même ? Non.

« Ouais t’as raison on va la faire cette course Amaury ». Putain, mais qu’est-ce que je viens de dire moi ? D’où ça sort ce que je viens de prononcer? C’est n’importe quoi. On devait se reposer, faire la grasse mat’, profiter… Au lieu de ça, lever 7h00, une bonne heure et demie de moto nous attend pour rejoindre Lac Rose. J’avoue qu’au départ, l’affaire ressemble plutôt à une course entre expatriés blancs (je n’ai rien contre hein), mais j’avais envie de vivre autre chose. D’ailleurs, quelque chose me fait espérer que ce ne sera pas que ça. Comme l’absence d’organisation, d’horaires précis, un côté un peu foutoir dont n’importe quel pilote de championnat de ligue n’accepterait pas le quart.

Au fur et à mesure, les pilotes sénégalais arrivent. Leur objectif: « se faire plaisir, vaincre les dunes de lac rose » me confie Mamadou.  » ça leur a pris du temps. Avant ils pensaient que s’ils ne gagnaient pas, ils seraient moqués ». Alors que tout semble toujours en désordre absolu, d’un coup, les pilotes se regroupent pour deux tours de reconnaissance. Deux tours qui vont littéralement retourner le sable et créer de profondes ornières. 11h00, départ pour une heure quinze de course. Amaury ne lâche rien. Pas facile de sortir la T700 du ce champ de mines, un peu comme si on avait décidé de faire le Touquet avec. Complètement stupide. Au bout de deux tours, Amaury rentre aux stands … non pour refaire le plein ou pas pour me filer le guidon, mais pour me dire qu’il serait quand même plus sage de ne pas insister. Le sable est devenu hyper profond, la température est étouffante, d’autant que nos Ténéré auront, crois-moi, largement l’occasion de nous surprendre.

En attendant, direction Mad Bikes pour un check total des motos. On vire les Michelin Desert Race au profit d’Anakee Wild qui devront nous mener jusqu’au Gabon. Vidange, filtres à huile et filtres à air qui étaient bien sales dans leur tiers le plus profond. On pensait changer de kit chaînes (nous les avions remplacé au départ par des chaînes en 530 au lieu du 525 d’origine) mais ce n’est pas la peine. On vire les caoutchoucs des repose-pieds qui sont gênants en off-road. Contrôle niveau d’eau et des plaquettes. Nettoyage des commodos qui ont souffert dans le sable. De mon côté, je supprime les poignées chauffantes au profit de poignées mousse. Dans la foulée, nous filons chez Gallo le cordonnier à Mbour. Sa mission, coller des patchs de cuir sur la bagagerie poncée par nos chutes. Enfin, Amaury fixe des morceaux de palettes en bois en travers des plateaux porte-paquets arrière pour offrir une meilleure assise à nos sacs SW Motech Drybag 600 et ne pas les percer. Sinon, RAS, tout est bon, direction la Guinée.

Kap2Cap en Ténéré 700 épisode 8

| Ça sent le vécu, histoires vraies, KAP2KAP | 0 Commentaire
Lolo
A propos de l'auteur
- Tout ce qui est déglingo, débile, pas tout-à-fait net et qui a deux roues, c'est moi qui l'essaie ! Après quelques années passées à Moto Journal, j'ai décidé de vous raconter l'histoire de la moto en vidéo sous mes propres couleurs !

Avatar

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.