MOTO TOUR SERIES TUNISIE ► DUCATI 1260 PIKES PEAK ► FAIRE MENTIR LA SCIENCE

J’suis content, j’ai réussi à faire mentir la science ! Car pour moi, il n’existait qu’une seule loi, claire, imparable et immuable qui veut que : « je n’ai jamais été aussi proche de la prochaine et aussi loin de la dernière. ». Oui OK, me direz-vous, mais de quoi ? Bah de ma prochaine chute ! Une loi qui m’a permis, jusque-là, d’être assez philosophe sur la précarité de notre équilibre sur deux roues à nous, motards. Une loi qui m’enlève toute illusion sur une possible invincibilité. Bref, tu as beau te méfier, croire que tu es un bon motard, expérimenté, tôt ou tard, comme tous les autres tu y auras droit … tu feras un tout droit ! C’est donc dans cet état de conscience absolue de mon sort que je me suis préparé à prendre le départ de la quatrième spéciale du Moto Tour Series Tunisie au guidon de ma Ducati Multistrada 1260 Pikes Peak. Résigné mais sans appréhension particulière parce que la loi, c’est la loi., personne n’y échappe, c’est Josh Randall qui te le dit !

Niels, le directeur de spéciale m’a donc donné le départ. 4, 3, 2, 1 GO ! Tiens, là encore, peut-être aurais-je du interpréter ce décompte comme un signe ? Va savoir. Cette spéciale improbable, un chemin de chèvres rempli de gravillons, de langues de sable et de passages d’oueds sur des radiers en béton lissé comme dans ta salle de bain, ainsi qu’un bitume sans doute réalisé à base de carrelage de cuisine cette fois-ci scellé à l’huile de Monoï, étaient sans aucun doute d’autres signes avant-coureurs !

Bref, à mi spéciale et en entrant dans ce p….. de gauche aveugle, en dévers et qui se resserre (c’est les pires), j’ai bien vu que j’étais … chaud ! Mais j’y ai cru, j’ai gardé mon sang … froid. Car il faut toujours y croire, ça permet de continuer à regarder la sortie du virage et de ne surtout pas fixer l’endroit critique où tu vas te sortir. Délicatement, j’ai réussi à choper les freins, à plaquer la moto au sol sans trop de mouvements de suspensions (merci les suspensions Ohlins de la Multi Pikes Peak) tout en lui mettant de l’angle. Ouf, le danger était passé. Un dernier coup de freins de l’avant et … merde … trop tard … t’es dans les graviers ! Game over ! Une chute ridicule à 10 à l’heure, avec ma belle 1260 Pikes Peak, à peine finie de rôder. A l’arrêt, certes, mais sanctionnée par un petit rouler bouler quand même.

Là, va savoir pourquoi le réflexe du motard compétiteur normal, c’est de se relever et de courir vers sa moto pour la relever à son tour et terminer, à fond comme un con, sa spéciale. C’est une autre loi que je t’expliquerai plus tard ! Bah moi, non. Je profite, je savoure, je prends mon temps, la tête dans le gravier, bien étendu à plat ventre, je me sens super bien. Et tu sais pourquoi ? Parce que c’est à ce moment précis que je fais mentir la science et ses calculs de probabilité. Tant que je suis à terre et que je n’ai pas à nouveau touché le guidon de la moto, j’inverse la loi qui devient l’espace d’un court instant : « je n’ai jamais été proche de la dernière mais surtout, loin de la prochaine ». De quoi ? Bah de la chute. Le genre d’instant dont il faut savoir profiter ! D’un autre côté, tu ne peux pas non plus rester indéfiniment vautré à terre, pour goûter ton plaisir et faire mentir la loi ! Faut forcément y retourner et reprendre le décompte inverse. Donc, tu reprends le guidon et tu termines ta spéciale. Ce que j’ai fait.

Note bien que sur ce Moto Tour Series Tunisie, on a été un sacré paquet à goûter la loi et qu’elle avait pas vraiment goût de foie gras mais plutôt de poussière du désert. Même que à la fin, ça ressemblait presque plus à la cour des miracles qu’à une course. Homoplate en vrac, main cassée, pied cassé, œil au beurre noire et lèvre supérieure ouverte, les spéciales tunisiennes te permettent de (re) découvrir sans limite et en détail ton anatomie. Je te raconte même pas le nombre de cartouches de gaz percutées sur les gilets airbag.

Photos Islam Hakiri Photographyet VIP Motards

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Lolo
A propos de l'auteur
- Tout ce qui est déglingo, débile, pas tout-à-fait net et qui a deux roues, c'est moi qui l'essaie ! Après quelques années passées à Moto Journal, j'ai décidé de vous raconter l'histoire de la moto en vidéo sous mes propres couleurs !

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