Nordkapp, c’est fait … pour la deuxième fois en deux ans avec pourtant la sensation d’avoir découvert lors de ce second trip une Norvège radicalement différente! En plein hiver, j’avais franchement peiné à distinguer de jolis points de vue pour réaliser des plans caméras. Si la neige et les congères offraient un paysage immaculé et lunaire, elle écrasait aussi toutes les perpectives. Là, tout semble ressortir: les couleurs, le relief, les détails, l’impression d’avoir basculé en mode réalité augmentée !

Marrant comme la découverte du Cap Nord semble vouloir se préciser à partir d’Alta. Les 240 kilomètres restants te racontent une histoire, montent une intrigue pour te tenir en haleine! Te jouant une chevauchée fantastique ou une valkyrie si tu préfères !

En sortant d’Alta. La route se fait tortueuse pour monter sur des hauts plateaux où se déroulent à l’infini d’immenses lignes droites façon Farwest! Seuls témoins de la présence humaine, de toutes petites cabanes en bois. Comment peut-on vivre ici l’hiver ? On quitte momentanément les fjords pour plonger dans une nature hyper sauvage. Je n’ai jamais visité l’Alaska mais si tu me demandais à quoi ça ressemble, je te dirais à ça. De puissants torrents et des rivières alimentés par une brutale fonte des neiges.

Des troupeaux de rennes en liberté paissent un peu partout . Ils offrent un curieux regard du fait de leur étrange apparence albinos. Le vent de travers tente de te jeter à plusieurs reprises dans le bas côté, il faut faire attention à ne pas se faire déventer au passage d’autres véhicules en sens inverse. On passe un ultime col et on plonge vers le tout dernier fjord composé de baies dont l’arc de cercle est d’une harmonie sans égal ! Trois longs et profonds tunnels, aux lourdes portes, témoignent enfin de la pugnacité de l’homme pour tenter de rejoindre la plus haute latitude du continent européen !

Une dernière bifurcation à gauche 30 kilomètres avant Le Cap Nord et la symphonie se fait encore plus puissante et majestueuse. Quelques lacets, une pente très prononcée et la végétation disparaît pour laisser place à des langues de neige et à quelques lacs d’altitude encore gelés. Au loin, on devine le bout du bout, le « Top End » comme ils pourraient l’appeler en Australie. D’immenses falaises déchirées, et puis plus rien, le vide, l’abîme, l’océan Arctique !

Il était temps, depuis deux ou trois jours les troupes de l’Adventure Roads sont à genoux ! 500 bornes par jour, lever tôt, arrivés vers 19h00. Certains riders n’avaient jamais vécu un tel traitement et ces 3.500 km avalés en 8 jours relèvent de la prouesse ! Les arrêts impromptus pour pouvoir se reposer ne serait-ce que cinq minutes, ne sont pas rares.

Je réalise combien l’Africa Twin fut d’une aide précieuse pour beaucoup. Simple, facile, évidente, toujours présente et vaillante. J’adore sa position de conduite, son large guidon et sa finesse de réservoir. Dresse toi sur ses repose-pied et le film du Dakar se met en route! Le moteur est toujours présent, les suspensions efficaces sur les bosses et le système de transmission à double embrayage (DCT) devient une évidence. Honnêtement, je me demande ce qui va pouvoir s’opposer à ce qu’un jour tous les motards passent leurs vitesses à l’aide petits boutons au guidon. Tout le monde trouve ça fun dans le milieu de la voiture, ça le sera prochainement à moto. J’aime bien regarder devant moi !

Allez, pour cette longue traversée, il ne m’aura manqué qu’une chose, un Cruise Control juste pour être sur de rester aux bonnes limitations de vitesse … lorsque tu en as décidé.

Arrivé au Cap, pour beaucoup l’émotion était palpable. T’imagines le blast absolu pour les Indonésiens venus participer à l’aventure. Les types n’avaient même jamais vu la neige, ils se sont roulés dedans et m’ont fait une confidence. « Le plus étrange, c’est pas d’avoir froid aux mains quand tu les mets dans la neige mais c’est plutôt que ça brûle lorsque tu remets tes gants et que tu te réchauffes. » Le Grec venait lui aussi de vivre l’aventure de sa vie !

De mon côté, j’avoue que pour cette seconde escapade au Cap Nord, j’ai été moins touché. C’est pas une question d’être blasé, juste de franchise envers toi. Je vais pas te mentir. Et puis l’émotion, je venais de la vivre 10 petits kilomètres avant le Cap. Car au cours de ce road trip, j’ai reçu pas mal d’invitations de la part de Français vivant en Norvège ou actuellement en voyage, me proposant de les rencontrer. Invitations que je n’ai pas pu honorer, je m’en excuse sincèrement.

Mais là 10 petits kilomètres avant le Cap Nord m’attendaient sagement garés auprès d’un des plus beaux fjords, Dorian et sa femme, un drapeau français fièrement brandi. Deux jours qu’ils étaient là rien que pour moi, à 3.500 bornes de la France. On a échangé et j’ai ressenti leur bonheur d’avoir « croisé Lolo ». Non, non, je ne me prends par Alain Delon, je ne parle pas encore de moi à la troisième personne. C’est juste que j’ai parfois « du mal à comprendre et à digérer » vos témoignages de sympathie et d’admiration. C’est parfois disproportionné pour le motard, comme vous tous, que je suis. Oui j’ai une chance folle de faire tout ça, et sachez juste que le moins que je puisse faire, c’est de le retranscrire au mieux à travers des textes et des vidéos. J’espère avoir été à la hauteur lors de ce fabuleux road trip !

#adventureroads 2017
#africatwin
#honda
Pensée toute spéciale pour Lydia Truglio Beaumont accidentée le premier jour et rapatriée seulement aujourd’hui. Tu nous a manqués.

LE CAP NORD EN AFRICA TWIN : ALTA / CAP NORD/ ALTA

| Ça sent le vécu, Cap nord en Africa Twin, histoires vraies | 0 Commentaire
Lolo
A propos de l'auteur
- Tout ce qui est déglingo, débile, pas tout-à-fait net et qui a deux roues, c'est moi qui l'essaie ! Après quelques années passées à Moto Journal, j'ai décidé de vous raconter l'histoire de la moto en vidéo sous mes propres couleurs !